Le trachome

Trachome : prévenir la maladie infectieuse cécitante la plus répandue dans le monde

Vidéo produite par « The Fred Hollows Foundation », en collaboration avec « International Coalition for Trachoma Control ». Musique de Sigur Rós- ’Glósóli’, album ’Takk...’ (2005).

L’OPC est membre de l’ICTC (International Coalition for Trachoma control) et partenaire d’ITI, International Trachoma Initiative, effort collaboratif visant à éliminer le trachome cécitant.

Qu’est-ce que le trachome ?


Le trachome est l’une des maladies infectieuses les plus anciennement connues de l’humanité et il en est la première cause mondiale de la cécité évitable. Bien que le trachome ait été vaincu à 100% en Europe et en Amérique du Nord, il est estimé que la maladie est endémique dans 53 pays et il reste malheureusement hyper-endémique dans les régions les plus défavorisées et isolées en Afrique, en Asie en Amérique Centrale et du Sud, en Australie et au Moyen Orient.
Le trachome est la cause de la déficience visuelle d’environ 2,2 millions de personnes et 1,2 millions de personnes ont une cécité irréversible.

Il est provoqué par le Chlamydia trachomatis - un micro-organisme - qui se transmet d’une personne infectée à une autre par contact (mains, serviettes,…) et par les mouches.
La transmission se fait entre les membres du cercle familial et l’enfant se contamine dès son plus jeune âge. Il souffre alors de conjonctivite chronique, aggravée par d’autres infections microbiennes.
Après des années d’infections répétées, l’intérieur de la paupière supérieure se déforme et se retourne vers l’intérieur (entropion) et les cils viennent frotter sur la cornée (trichiasis). Si cet entropion-trichiasis n’est pas opéré, il entraîne l’apparition d’opacités cornéennes et une cécité irréversible.

Qui est menacé ?


copyright International Trachoma Initiative

Les populations les plus démunies du monde sont menacées par le trachome. Les populations qui habitent dans le régions défavorisées sont particulièrement à risque à cause d’un accès à l’eau difficile, moyens d’assainissements inexistants et structures sanitaires insuffisantes.
Les enfants sont contaminés dès leur plus jeune âge et sont les plus touchés. Dans les zones où la maladie est endémique, le taux de prévalence chez les enfants d’âge préscolaire est entre 60 à 90%.
De plus, les femmes adultes présentent un risque de 2 à 3 fois plus sévère que les hommes de développer les complications cornéennes de la maladie. Ce risque accru s’explique par le fait que les femmes passent généralement plus de temps en contact étroit avec les petits enfants.

Prévention et traitement

La stratégie actuelle de lutte contre le trachome s’articule autour d’actions de développement communautaire (augmenter l’accès des villageois à l’eau potable, améliorer l’hygiène collective) et d’interventions dans le domaine de la santé.
Une initiative mondiale pour l’élimination du trachome entrainant la cécité, appelée GET 2020, a été lancée en 1997. Elle est coordonnée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Grâce à cette initiative, il a été développé une stratégie au niveau des soins de santé primaires qui prévoit l’élimination du trachome en 2020 : elle est connue sous l’acronyme « CHANCE »

  • (CH) pour chirurgie du trichiasis : correction des déformations de la paupière
  • (A) pour antibiothérapie (azithromycine orale ou collyre, pommade tétracycline 1%)*
  • (N) pour nettoyage du visage : les mesures d’hygiène individuelle et collective sont primordiales pour enrayer la propagation de la maladie.
  • (CE) pour le changement de l’environnement (améliorer les conditions de vie en particulier en ce qui concerne l’eau, l’assainissement et l’élimination des déchets)

    *Un traitement de masse doit être mis en œuvre si le trachome actif est présent chez plus de 20% des enfants de 0 à 10 ans dans une communauté


    copyright International Trachoma Initiative

L’OPC en 1ère ligne de la lutte contre le trachome

Mise en place d’un Programme de lutte contre le trachome au Tchad et en RCA.

Programmes Nationaux de Lutte contre le Trachome en RCA et au Tchad

L’OPC participe à la mise en place d’un Programme National de Lutte contre le Trachome dans chacun de ces deux pays.
Ce Programme comprend à la fois :
- La formation d’infirmiers spécialistes en ophtalmologie, déjà développée par l’OPC au Tchad depuis plus de 10 ans et plus récemment en RCA.
- La distribution systématique d’un traitement antibiotique dans les zones où plus de 20% des enfants souffrent de trachome, notamment grâce au réseau communautaire d’agents de santé développé par l’OPC. 910 000 habitants des régions les plus touchées sont concernées (plus de 11 millions d’ici 2016).
- La sensibilisation des villageois aux mesures d’hygiène par ce même réseau communautaire.
- L’opération des patients souffrant de trichiasis : déjà plus de 600 malades opérés grâce à l’OPC en 2011, au Tchad et en RCA…

Ce programme débute en 2013 par une région au Tchad et deux en RCA, où la prévalence du trachome est particulièrement importante, avant d’être étendu progressivement à l’ensemble des régions concernées.

Projet (2014-2017) : extension des Programmes à tout le pays

En tout :
-  12 600 agents communautaires et 52 agents de santé spécialisés seront formés en RCA, et respectivement 22 600 et 200 au Tchad.
-  50 000 patients souffrant de trichiasis seront opérés en RCA et 64 000 au Tchad (soit 100% des cas diagnostiqués).
-  13 000 000 de personnes seront traitées en RCA (95% de la population menacée par le trachome) et 6 750 000 au Tchad (80% de la population menacée).
-  90% à 95% des enfants appliqueront les mesures d’hygiène destinées à prévenir le trachome.
-  65% de la population aura accès à l’eau potable en RCA (30% actuellement) et 60% au Tchad (46% actuellement).

A l’issue de ces 5 ans, le trachome aura complètement disparu de ces deux pays.

Télécharger le guide de l’Organisation Mondiale de la Santé qui décrit la stratégie CHANCE : Prévenir le trachome.