La conjonctivite néo-natale

Définition, Généralités

La conjonctivite néonatale se définit comme un écoulement purulent des yeux qui apparait au cours des quatre premières semaines de vie.

Causes

À l’origine, elle désignait une infection du nouveau-né causée par un germe spécifique, agent d’une maladie sexuellement transmissible (MST), Neisseria gonorrhoeae. Mais le terme inclut désormais tout type de conjonctivite au sein de ce groupe d’âge, quelle qu’en soit la cause. Les germes les plus fréquemment retrouvés sont des staphylocoques, streptocoques, Haemophylus et aussi Chlamidia trachomatis. Dans la plupart des cas, la transmission de la mère infectée au nouveau-né se fait au moment de l’accouchement.

Les éléments du diagnostic

La conjonctivite du nouveau-né due au gonocoque est la forme la plus dangereuse de ce type de conjonctivite.

Cette maladie se manifeste par un écoulement oculaire purulent, vite très abondant, qui survient dans la semaine qui suit la naissance. Après quelques heures les paupières sont fortement gonflées. Si le traitement tarde ou n’est pas appliqué, il apparaît rapidement des ulcérations de la cornée, puis une perforation et une perte de l’œil.

Chez de nombreux nouveau-nés l’infection peut progresser vers le système nerveux central.

Le prélèvement de sécrétions conjonctivales et la mise en culture sont indispensables pour identifier le germe et préciser le traitement.

Importance/Problème de santé publique

La conjonctivite néonatale est une infection périnatale relativement fréquente qui s’observe chez 1 % à 2% des nouveau-nés des pays industrialisés et jusqu’à 12% dans les pays en développement.

En Afrique, la fréquence élevée (3 à 22%) des maladies sexuellement transmises chez les femmes se traduit par des taux importants de conjonctivite du nouveau-né. Les taux de transmission d’une mère infectée à son enfant nouveau-né, en l’absence de mesures préventives à la naissance, sont de 30 à 50 %.

Les complications cornéennes de la conjonctivite néonatale représentent une part importante des causes de cécité infantile dans les pays les moins développés.

Traitement

L’installation précoce d’un traitement adapté modifie radicalement l’évolution. L’application de stéroïdes locaux sous n’importe quelle forme est totalement contre indiquée.

Le traitement local consiste en lavage des yeux réguliers et fréquents pour éliminer les sécrétions, et applications répétées de pommade ophtalmique pour éviter les adhérences. La conjonctivite gonococcique impose un traitement par voie générale et nécessite souvent une hospitalisation.

Prévention

Il s’agit en tout premier lieu de nettoyer soigneusement les yeux du nouveau-né immédiatement après l’accouchement.

La prophylaxie habituelle recommandée dans de nombreux pays est l’application d’une solution antiseptique dans l’heure qui suit la naissance. En effet, cela permet de réduire sensiblement le taux de transmission de la mère au nouveau-né. Dans les pays et les régions où la prévalence des maladies sexuellement transmissibles est élevée, la prophylaxie oculaire est considérée comme une intervention ayant un bon rapport coût-efficacité dans la prévention de la cécité.

La prophylaxie au nitrate d’argent contre l’ophtalmie néonatale causée par la N gonorrhoeae, utilisée pour la première fois par M. Credé en 1880, fut l’un des faits les pus probant de la médecine préventive. Lorsqu’elle a été adoptée, elle a fait chuter l’incidence d’ophtalmie gonococcique de 10 % à 0,3 %. La prophylaxie au moyen de cet agent réduit aussi légèrement l’incidence de conjonctivite purulente causée par d’autres espèces bactériennes. Cependant, le nitrate d’argent n’est pas parfait. Il ne prévient pas tous les cas d’ophtalmie gonococcique. Il occasionne une conjonctivite chimique transitoire chez 50 % à 90 % des nourrissons. Un autre antiseptique, la povidone iodine et des antibiotiques (tétracycline et érythromycine) sont tout aussi efficaces localement que le nitrate d’argent et sont considérés comme des alternatives acceptables. Mais ces recommandations prophylactiques sont souvent négligées dans les pays les moins développés.

L’OPC mobilisée au Mali pour la prévention
L’OPC a déjà formé et approvisionné en pommade antibiotique plus de 1 000 accoucheuses traditionnelles dans les régions de Kayes et Sikasso, pour qu’elles effectuent dès la naissance les gestes de protection de la conjonctivite purulente du nouveau-né :
- Nettoyage des yeux avec du sérum physiologique ou de l’eau bouillie.
- Application dans chaque œil d’une pommade antibiotique. Coût du traitement préventif : 0,038 € par nouveau-né !

… Et pour soigner la conjonctivite purulente
Nous avons également ouvert 13 centres de soins oculaires et formé 16 infirmiers spécialisés pour diagnostiquer et traiter dès les premiers symptômes les bébés touchés par la conjonctivite purulente :
-  Injection par voie intramusculaire d’un traitement antibiotique.
-  Nettoyage soigneux des yeux et application régulière d’une pommade antibiotique durant 10 jours. Coût du traitement curatif : 63 € par bébé.

Grâce à nos généreux donateurs, nous avons pu préserver ou soigner plus de 50 000 nouveau-nés menacés par la redoutable conjonctivite purulente en 2010.

Notre objectif est d’étendre notre action à la région de Mopti, où ce fléau continue à toucher un bébé sur quinze.

Vous pouvez nous aider à sauver la vue et la vie des nouveau-nés. Un don de 50 € (soit seulement 17 € après réduction d’impôts) permet de traiter plus de 1 300 nouveaux nés !

FAITES UN DON

Informations sur la conjonctivite en France, cliquez ici.