L’onchocercose

L’onchocercose, ou "cécité des rivières", un problème de santé publique proche de sa solution

Qu’est-ce que l’onchocercose ?


Un enfant guide un de ses parents, aveugle / Crédits : Sightsavers

L’onchocercose est une maladie parasitaire causée par le ver " filaire" Onchocerca volvulus. Elle est transmise par les piqûres de moucherons infectées qui se reproduisent dans les ruisseaux et rivières au cours rapide.
La filaire s’enkyste sous la peau de l’hôte où elle forme des nodules et libère régulièrement dans l’organisme des milliers de filaires filles (des microfilaires) pendant 12-15 ans. Puis ces micro-filaires circulent les corps vers le tissu sous-cutané aux organes y compris la peau et les yeux.
Au niveau des membres inférieurs, il apparaît des lésions cutanées typiques sous forme de taches dépigmentées (« peau de léopard »).
Ces microfilaires causent une réponse inflammatoire (particulièrement quand ils sont morts) et dans beaucoup de cas ils deviennent les nodules sous la peau.
Certains patients développent en plus de lésions oculaires qui conduisent aux déficiences oculaires.
L’accumulation de microfilaires mortes au niveau de l’œil entraine des lésions oculaires sévères (cornée, rétine, nerf optique) pouvant conduire à une cécité irréversible après plusieurs années d’exposition.
L’onchocercose est une cause majeure de cécité dans beaucoup de pays africains.

Qui est menacé ?


Site de reproduction des simulies - Photo OMS

Puisque les sites de reproduction de ces mouches sont les rivières, c’est donc les communautés villageoises liées à l’eau, dont la survie dépend de l’agriculture et de la pêche, qui sont les plus affectées par la maladie.
Il y a quelques années, on rencontrait fréquemment ces « villages maudits », près des rivières où pratiquement tous les adultes étaient devenus aveugles. Les enfants devaient quitter l’école, lorsqu’il en existait, pour s’occuper de leurs parents…
En attendant de perdre la vue à leur tour. Aucune malédiction ne pèse sur ces villages. Ils sont simplement situés à proximité de cours d’eau qui abreuvent les habitants, irriguent les terres… mais abritent aussi le développement de petites mouches porteuses du redoutable parasite de l’onchocercose (appelées "(simulie)", maladie du « bout de la piste » aussi appelée « cécité des rivières ».
Dans beaucoup de régions d’Afrique tropicale, ce sont ainsi les enfants qui doivent guider les pas des aveugles.

On parle alors de « cécité économique » résultante d’un handicap social et économique, bien avant que la cécité ne devienne complète et définitive.


Homme aveugle à cause de l’onchocercose

Prévention et traitement

Le programme APOC (African program for onchocerciasis control) a pour objectif de préserver la vue de 125 millions de personnes exposées. Parmi elles, 18 millions de personnes sont infestées par le parasite, un million présentent des lésions oculaires irréversibles et 300.000 sont aveugles.

Selon les résultats d’analyses de l’Université Erasmus de Rotterdam, on estime que chaque année APOC prévient 40.000 cas de cécité et économise un million d’années de vie active. La stratégie du Traitement par l’Ivermectine (*) sous Directive Communautaire (TIDC) est considérée comme une référence en économie de la santé.
Elle contribue également au renforcement des systèmes de santé nationaux en prenant en charge simultanément d’autres maladies tropicales négligées : autres affections oculaires, filariose lymphatique, paludisme, géo-helminthiases…. L’organisation pour la prévention de la cécité (qui lutte contre l’onchocercose depuis 1992) applique à la lettre cette stratégie.

L’Ivermectine : un traitement efficace fournie gratuitement par la firme Merck

L’ivermectine, permet de venir à bout de la cécité des rivières… A condition de traiter chaque année l’ensemble des populations menacées, pendant au moins 15 ans.

Depuis 1992, c’est le défi que l’OPC a relevé. L’Organisation pour la Prévention de la Cécité est la seule association francophone impliquée dans le Programme Africain de Lutte contre l’Onchocercose de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) qui rassemble 31 pays africains pour lesquels l’objectif ultime de traitement vise 88 millions de personnes.

Pour agir efficacement jusque dans les zones les plus reculées, nous avons développé une immense chaîne de solidarité composée de 13 800 villageois bénévoles et environ 500 agents de santé de tous niveaux (de médecins à auxiliaires de santé) que nous avons tous formés. Certains d’entre eux le sont aussi au dépistage précoce des troubles de la vision dans leurs villages (soins de santé oculaires primaires).

Préparation de la distribution de l’Ivermectine


Grâce à cette chaîne humaine, le programme OPC couvre, pour un coût extrêmement faible, 18 centimes d’euros par bénéficiaire, tous les foyers touchés par la maladie.


La prise des comprimés d’Ivermectine

L’OPC est membre fondateur et actif du Groupe des ONG engagées dans l’élimination de l’onchocercose et représentée au Comité consultatif technique d’APOC pour lequel ses experts effectuent des missions de consultants.