Forum des partenaires au congrès SFO

Le 14/06/2011

Forum des Partenaires de l’OPC du 117ème Congrès de la SFO

(Mardi 7 mai 2011)

Comme chaque année, des tables rondes ont été organisées et animées par l’OPC durant le congrès de la SFO. Sujet : Rôle d’une ONG dans les activités de lutte contre la cécité et la promotion de la santé oculaire en Afrique intertropicale. Intervenants (de gauche à droite) :
- Professeur Pouliquen (Président d’honneur de l’OPC)
- Docteur Serge Resnikoff (administrateur de l’OPC)
- Docteur Georges Yaya (Représentant OPC en République Centrafricaine)
- Docteur Abdou Amza (Niger)


Le Débat

Le Dr Amza (Niger) confirme que les ONG apportent une grande aide en matière de chirurgie de la cataracte et du trichiasis. Mais les professionnels africains dénoncent régulièrement l’ingérence de certaines ONG et regrettent d’apprendre par les médias ou leurs autorités de tutelle, les actions entreprises, sans avoir été consultés, d’où un sentiment de frustration, de mise à l’écart. Ils souhaitent que le programme national de lutte contre la cécité (PNLC), en raison de sa connaissance du terrain et des priorités, soit partie prenante dans le choix des dates, lieux, stratégie et organisation des actions entreprises. Ils attendent que des actions pérennes, et non ponctuelles, soient mises en place en partenariat.

Le Dr Yaya (République Centrafricaine) appelle de ses vœux l’instauration d’un partenariat de confiance entre les ONG (dont il souhaite limiter le nombre) et le PNLC. Un cahier des charges bien défini doit être établi pour toute coopération, afin de fixer les règles du jeu et d’obtenir ainsi : clarté, transparence et confiance. Le Programme doit être associé à l’élaboration de ce cahier des charges, car le coordonnateur est souvent le seul à bien connaître les priorités et apte à diriger les actions. Par exemple, dans le cas des « maladies tropicales négligées », les maladies cécitantes figurent parmi les parentes pauvres des actions entreprises par les ONG. Le PNLC ne doit pas être mis devant le fait accompli d’actions diligentées par les seules autorités de tutelles sollicitées directement par les ONG.

Le Dr Resnikoff (administrateur de l’OPC) et le Pr Pouliquen (président d’honneur de l’OPC) résument qu’il est important que le PNLC soit non seulement informé, mais participe activement à la mise ne place des interventions des ONG. Pour illustrer ce propos, le Pr Sidi Ely évoque les conséquences possibles de ces interventions réalisées en dehors de la collaboration du Programme : en Mauritanie, il a eu à gérer les complications chirurgicales survenues après l’intervention d’une ONG.

Le Pr Lam (Sénégal) précise qu’il y a « ONG et ONG ». Certaines proposent un programme clair et précis et manifestent leur intention de collaborer avec toutes les parties prenantes. D’autres, souvent de petites associations, opèrent par des actions « coup de poing » en court-circuitant les structures officielles. D’autres effectuent des transferts de programmes, s’entraînent « sur le tas ». Il apparaît donc que la responsabilité médicale est engagée : qui et où poursuivre les auteurs d’erreurs médicales ? Comment un PNLC peut-il contrôler la qualité du travail effectué ?

Le Dr Okéty (IMS) et le Dr Chanfi (Union des Comores) préconisent que des partenariats soient établis simultanément avec les autorités nationales et les coordonnateurs du programme de lutte contre la cécité, et se conforment au plan de travail et au Conseil de l’Ordre des médecins.

Le Dr Resnikoff évoque les relations existant entre l’OMS et les ONG. Il distingue trois cadres :
- le cadre bilatéral dans lequel s’inscrivent les relations officielles avec l’OMS, destinées à prévenir tout « parachutage » sauvage ;
- le cadre des grands partenariats autorisant les interventions chapeautées par l’IAPB ;
- le contexte des maladies spécifiques (ex : lutte contre l’onchocercose, un des premiers programmes d’envergure entre l’OMS et les Etats). Le principe des « maladies tropicales négligées » (« pot-pourri » de 13 à 17 maladies infectieuses et/ou parasitaires ») a été mis en place en réaction aux maladies, dites « privilégiées », faisant l’objet de toutes les attentions comme le VIH (25 % du budget).