Carnet de mission du Dr Djada

Carnet de mission du Dr Djibrine Atim Djada
Ophtalmologiste, représentant de l’OPC au Tchad

MISSION DE L’UNITE MOBILE DE CHIRURGIE OCULAIRE (UMCO)
Centre de soins oculaires Hababa Kouago
Hôpital régional de Mongo, Province de Guéra

Dimanche

UMCO
Nous avons quitté N’Djamena dès le lever du jour avec le 4x4 de l’OPC chargé à bloc : microscope opératoire, instruments, stérilisateur, médicaments, consommables, sans oublier nos affaires pour nos 15 jours de mission… Et 6 personnes à bord : moi-même, deux infirmiers spécialistes en ophtalmologie (Adoum et Mahamat), le chauffeur (Oumar) et un infirmier stagiaire (Djimet).

Il nous faudra 8 heures pour parcourir 380 km car au-delà de Bokoro, c’est la piste : ses nids de poules, la « tôle ondulée » et les crevaisons fréquentes…

Lundi


Le travail commence dès le lever du soleil. Pendant qu’une partie de notre équipe prépare le bloc opératoire, je rejoins la salle de consultation. Malgré l’heure matinale, m’attendent déjà une trentaine de patients sélectionnés au cours des semaines précédentes. Deux ne sont pas opérables. Je demande des examens complémentaires pour trois autres et je confirme que les autres seront opérées dans la journée.

Salle d'opération
Je débute ma première intervention à 10h. Aujourd’hui, mon tableau opératoire n’en prévoit « que » 12. Je commence par pratiquer une petite incision sur le côté de l’œil pour retirer le noyau du cristallin devenu opaque. Puis j’introduis un cristallin en matière synthétique. L’opération aura duré moins d’une heure !

Sortie de la salle d'opération
Pendant ce temps, nos deux infirmiers prennent en charge les cas de trichiasis dans la salle de « petite chirurgie » : ils vont en opérer 20 au cours de cette première journée…
Nous terminons à 19 h45… Mais la journée n’est pas finie pour autant : il reste encore à examiner les personnes sélectionnées pour être opérées demain !

Mardi


Je commence par un examen de contrôle des opérés de la veille. C’est l’heure du « premier pansement », celui du large sourire de l’opéré(e) qui découvre après des mois de cécité les visages de ceux qui l’entourent. C’est l’instant que j’apprécie le plus !
Les patients qui ne présentent aucun signe inquiétant peuvent quitter l’hôpital : nous leur remettons des collyres et leur demandons de se présenter à notre consultation les jours suivants.

Puis les activités du bloc opératoire reprennent jusqu’au soir. Chacun connaît le programme : 14 cataractes et 18 trichiasis à opérer dans la journée. Si nous gardons le rythme, notre objectif sera atteint !

Les 10 jours suivants


Le même emploi du temps se répète de jour en jour. Seuls les malades changent… Au fil des jours, la fatigue se fait sentir. On serre les dents et on travaille sans se plaindre. Les nuits nous paraissent trop courtes. La chaleur est à peine supportable… Et le bloc opératoire n’est pas climatisé !

La veille de notre départ, les comptes sont arrêtés : nous avons opéré 158 cataractes et 162 trichiasis, et examiné plus de 800 personnes… Objectif atteint ! Mais nous devrons revenir. Car des centaines de personnes sont encore menacées par la cécité du fait de la cataracte et du trichiasis.