Bilan réunion du Programme Africain de Lutte contre l’Onchocercose

Le 26/03/2013

Bernard Philippon, secrétaire de l’OPC, biologiste médical, travaille sur l’onchocercose depuis 1965. Il a participé du 11 au 16 mars 2013 à la réunion semestrielle du Comité Consultatif Technique (CCT) du Programme Africain de Lutte contre l’Onchocercose (APOC) dont il est un des 12 membres, au siège de ce programme à Ouagadougou (Burkina Faso).

L’OPC est membre fondateur du groupe de 14 ONG qui apportent un appui technique et financier à APOC.







Ce programme pilote la lutte dans les 31 pays d’Afrique tropicale affectés par l’onchocercose. Exclusivement chimiothérapeutique, il présente la particularité de reposer sur la distribution annuelle par des villageois bénévoles sélectionnés par leurs communautés d’un médicament, l’ivermectine, fourni gratuitement par la firme Merck. Il est organisé sur la base de projets géographiques nationaux (au nombre de 120) qui couvrent la totalité des zones d’endémie. Le financement est assuré par des bailleurs de fonds (pays développés, fondations et agences internationales), les états bénéficiaires et des ONG.



La clôture, prévue pour fin 2015, avait pour objectif d’atteindre un stade de régression de la maladie qui permette le relais de la prise en charge de la lutte par les seuls pays africains.
La qualité des résultats étant suffisante, la décision a été prise fin 2012 de prolonger le Programme jusqu’en 2025 avec deux nouveaux objectifs plus ambitieux :
- éliminer définitivement la maladie et sa transmission dans 80 % des pays traités
- intégrer à l’élimination de l’onchocercose celle de quatre autres maladies tropicales dites négligées (MTN) : la filariose lymphatique, les schistosomiases, les géo-helminthiases (vers parasites se développant dans le sol) et le trachome, autre pathologie oculaire contre laquelle l’OPC est engagée actuellement en RCA et au Tchad.

Dans l’esprit de son rôle consultatif d’expertise, le Comité Consultatif Technique (CCT) a pris connaissance des recherches opérationnelles engagées à l’initiative d’APOC par divers partenaires :
- recherche d’une méthode améliorée de diagnostic de l’infection résiduelle ou recrudescente,
- développement d’un médicament de remplacement de l’ivermectine,
- expérimentation de méthodes automatisées de capture des simulies piqueuses [1] et de détection de leurs sites de développement aquatique. Les protocoles de suivi et les progrès des projets les plus proches de l’élimination lui ont été présentés : 23 sont actuellement suivis, chiffre en progression constante.

Le CCT a consacré l’autre moitié de son temps à l’examen des rapports annuels d’étape des projets de lutte, 35 projets revus en séance et 24 autres par l’intermédiaire des comités nationaux du Cameroun et du Nigeria. Huit projets de recherche opérationnelle et appliquée soumis à APOC pour financement par des pays bénéficiaires ont également été évalués.
Le CCT s’est également livré à une analyse de détail du plan d’action chiffré, préparé par APOC pour la période 2016-2025, qui a été accepté par le conseil d’administration en décembre dernier sous réserve de précisions et révisions en vue de sa validation définitive fin 2013.

La prochaine session du CCT aura lieu à Ouagadougou du 09 au 13 septembre prochain.

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Crédits photos : WHO/TDR/OCP/Ward