Bernard Philippon, secrétaire de l’OPC, spécialiste mondial de l’onchocercose, cité par le Dr Tim Evans, Directeur de la Santé à la Banque Mondiale.

Le 7/04/2014

{Photo : Dr Tim Evans} Photo : Docteur Tim Evans

Au cours de la conférence à l’Institut Pasteur consacrée au Combat contre les Maladies tropicales négligées de la semaine dernière, Bernard Philippon, secrétaire de l’OPC, spécialiste mondial de l’onchocercose a été cité par le Docteur Tim Evans, Directeur de la Santé à la Banque Mondiale :

« Les Maladies Tropicales négligées constituent des freins considérables au développement, aussi bien des possibilités d’éducation des enfants ou de celle pour les adultes à s’engager dans un travail productif. Donc s’adresser à eux n’est pas simplement une opportunité pour un droit à la santé, mais servira aussi à éliminer l’extrême pauvreté et stimuler la prospérité partagée.

{Photo : Bernard Philippon} Photo Bernard Philippon

Je voudrais parler de « pourquoi nous sommes ici ». Beaucoup de gens ne pourront pas l’admettre, mais nous sommes ici principalement grâce à deux scientifiques français. Au début des années 1970 un épidémiologiste, René Le Berre et un parasitologue, Bernard Philippon ont convaincu le président de la Banque mondiale de l’époque, Robert McNamara, de visiter le Burkina Faso et d’aller dans un village hyper-endémique où sévissait l’onchocercose (cécité des rivières) afin de voir à quoi cela ressemblait.

C’est Robert McNamara et sa femme qui ont constaté l’impact de cette maladie en terme de niveaux très, très élevés de cécité sur la population adulte productive, et aussi sur l’évacuation ou la non-utilisation de vallées fertiles, qui a conduit la Banque mondiale à faire son premier investissement dans la santé.

Je pense que si cette visite n’avait pas eu lieu, les chercheurs n’auraient pas eu les moyens d’obtenir du président de la Banque mondiale de venir voir dans quelle mesure l’onchocercose a été une contrainte aussi fondamentale pour le développement en Afrique de l’Ouest, et je n’aurai alors pas pu faire partie de ce comité aujourd’hui. La Banque n’aurait peut-être jamais pris fait et cause pour la santé et je dois donc remercier René Le Berre et Bernard Philippon pour ma présence ici aujourd’hui. »